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LES TRIBUS DE LA RÉCUP 

                 Un film de Laurence Doumic et Emmanuelle Zelez 

produit par France THM Productions avec la participation de France Télévisions 

 

PRÉSENTATION DU FILM

 

De tous temps, les hommes ont pratiqué la récupération, en détournant les objets de leur usage premier.

Cette pratique se situe parfois à la marge du modèle sociétal. Elle est le fait de personnes qui œuvrent par nécessité.

 

Depuis les années 1970, elle est aussi le fait de militants qui remettent en cause la société de consommation, pour des raisons d’autonomie écologique et intellectuelle.

 

Aujourd’hui, face à l’épuisement des ressources naturelles, les politiques gouvernementales tentent d’amoindrir la quantité de déchets que nous produisons.

 

Mais la société de surconsommation a rempli nos vies de marchandises : nous possédons quinze fois plus d’objets que nos grands-parents. Conséquemment, nos poubelles se remplissent de produits déchus, mais pas pour autant hors d’usage.

 

La récupération, pratique jusqu’alors marginale dans les pays riches et relevant de la survie, s’organise donc aussi pour des raisons d’écologie sociale et environnementale.

 

 

LES PROTAGONISTES, LEURS RÔLES

 

 

Gérard et les récupérateurs 

 

Gérard Bertolini, s’intéresse aux travaux du Club de Rome dès les années 1970, en interrogeant déjà les limites de la croissance.

La réduction à la source, la récupération, le réemploi, le recyclage, permettent à la fois d’économiser des ressources naturelles et de réduire les besoins d’élimination des déchets. Les expériences qu’il nous relate nous passionnent et nous donnent envie de partir à la découverte du peuple des Récupérateurs.

 

Il affectionne particulièrement l’univers des biffins, dont il nous a conté l’histoire. Il nous rappelle que les compagnons d’Emmaüs sont au départ une communauté de chiffonniers. Un jour, il nous parle de la renaissance des marchés de biffins en région parisienne. Nous avons voulu y voir de plus près.

 

Sur le chemin de nos repérages, nous avons constaté que le monde de la récupération s’organise. Peut-être faudrait-il dire les mondes. Car les récupérateurs se retrouvent dans des tribus aux aspirations diverses.

 

Tous ont conscience que récupérer ce que les autres laissent n’est pas un geste anodin, mais un acte fondateur.

Non pas uniquement le fruit d’une nécessité individuelle ou d’un hobby du dimanche, mais la réponse à l’émergence d’une conscience politique collective.

 

Les plus démunis se regroupent aujourd’hui pour que leurs rôles au sein de la société soient reconnus et enfin acceptés.

Ils s’organisent sous l’influence de nouvelles énergies, celles d’une jeunesse savante et créative, éprise d’écologie et d’humanisme, qui ne veut plus se contenter de débats d’idées mais souhaite mettre en œuvre, avec tous, d’autres modes de fonctionnements sociétaux.

 

Ces tribus s’organisent sous forme de microcosmes, et s’immiscent dans nos villes, nos quartiers et nos vies.

Elles mettent à contribution, secouent et parfois défient les institutions et les collectivités jusqu’alors frileuses.

 

 

Jeanne

 

Nous voyageons d’une tribu à l’autre avec Jeanne Guien, récupératrice, jeune doctorante en philosophie dont le thème de recherche est la réduction du cycle de vie des objets .

 

Jeanne s’associe aux récupérateurs et oriente nos regards sur leurs pratiques essentielles.

A la croisée des chemins, entre les Gars’pilleurs et le marché des biffins, Jeanne sollicite Gérard Bertolini : ils partagent leurs recherches, leurs expériences, leurs connaissances sur le monde des chiffonniers, des puciers, des biffins.

 

C’est donc à travers Jeanne, ses rencontres et ses moments partagés, que nous tentons de capter ce qui pour Gérard Bertolini n’est pas seulement une tendance forte de notre temps -crise oblige- mais aussi l’avènement d’une autre façon d’être au monde.

 

 

 

Les Gars pilleurs : la tribu Lyonnaise

 

Contrairement à ce que leur appellation pourrait laisser croire, « les Gars’Pilleurs » ne sont ni pilleurs, ni gaspilleurs, mais récupérateurs. Surnommés parfois « les Robins des bois de la nourriture », c’est à la base, un mini-collectif de trois jeunes gens : Yann, Nils et Bertille. Cette « association de bienfaiteurs » est née autour des poubelles lyonnaises, il y a deux ans, alors que chacun récupérait pour sa propre consommation.

 

Ensemble, ils décident de mettre en commun leur énergie, leur culot et leur humour au service d’un idéal : lutter concrètement contre le gaspillage alimentaire, en s’attaquant principalement aux poubelles de la grande distribution.

 

Au fil du temps, ils s’organisent, en intervenant le plus souvent la nuit, clandestinement.

 

Un rendez-vous est donné via les réseaux sociaux, puis des silhouettes agiles se glissent dans les arrière-cours inaccessibles des supermarchés, là où s’entassent des poubelles remplies de denrées décrétées non consommables.

 

Les invendus du jour atterrissent dans les hottes de ces généreux cambrioleurs, qui maudissent l’outrage commis par les gaspilleurs : " Il y a plein de gens qui crèvent la dalle. Vous avez vu, là, tout ça, ça se mange. C’est lamentable. ", et ramènent parfois jusqu’à cinq cent kilos de victuailles en quelques heures.

 

Pour respecter leur mode opératoire, nous mettrons en scène leur clandestinité affichée dans une joyeuse partie de cache-cache, en les transformant en mystérieux personnages dissimulés dans les décors, dans un jeu de reflets, d’ombre et de lumière.

 

Un choix de discrétion qui convient à cette tribu qui ne veut pas incarner un programme, mais souhaite éveiller les consciences.

Au cours des redistributions, ils initient des discussions sur les mécanismes du gaspillage des supermarchés (calibrage, aberration des dates de péremption de produits non périssables, matières premières jetées pour maintenir l’équilibre du marché, ...), qu’ils mettent en regard du problème de la faim dans le monde, mais aussi de la crise économique qui frappe chez nous, faisant de plus en plus d’indigents.

 

Afin de sensibiliser les gens à plus grande échelle, ils ont entrepris un « gaspi tour » dans toute la France : une expérience intense et constructive qu’ils ont consignée dans un film actuellement en cours de montage.

Leur démarche se veut éthique et concrète : faire profiter aux uns du gaspillage des autres, à l’heure où le gouvernement peine à légiférer sur la question du gaspillage alimentaire dans la grande distribution.

 

Les Gars’Pilleurs seraient-ils des éclaireurs ? Nous verrons comment leurs initiatives contribuent sérieusement à alerter les consciences et faire bouger les lignes.

 

 

 

Les biffins : la tribu Montreuilloise

 

Jeanne et Samuel ont obtenu en 2013 l’autorisation d’organiser un marché mensuel de Biffins à Montreuil.

Samuel, la trentaine dynamique et espiègle, vous aborde sans détours, avec un enthousiasme intact et une obstination sans failles.

 

Ces deux soutiens indéfectibles des Biffins veulent obtenir des pouvoirs publics que des marchés de l’occasion puissent avoir lieu partout en France, à l’image des marchés alimentaires.

Que défendent-ils à travers cet appui de tous les instants ?

 

Nous interrogerons ce qui les lie aux Biffins, comment ils échangent avec eux, comment ces derniers participent à l’association AMELIOR et à l’organisation du marché lui-même.

Quelles sont les spécificités de ce marché d’un autre genre, qui n’est pas qu’un marché de misère, mais un vrai espace social, où des passionnés prennent le temps d’échanger sereinement.

 

Nous questionnerons les freins des institutions, dûs aux craintes de la population locale : la crainte des débordements en terme de saleté et d’insécurité, la pauvreté affichée.

 

A contrario, nous envisagerons les bénéfices qu’un tel espace peut apporter à la ville et ses habitants, en terme de solidarités et d’échanges, et l’intérêt que peut avoir une municipalité à favoriser une expérience de ce type.

 

D’un côté, les vendeurs ne sont plus obligés de se cacher, et peuvent avoir une visibilité, partager une passion, retrouver une dignité.

 

De l’autre, les acheteurs trouvent une marchandise à des prix défiants toute concurrence. Ils peuvent chiner en toute tranquillité, et rencontrer des gens d’un autre milieu, car ici les classes sociales n’ont pas d’importance.

 

La passion des objets abolit les différences.

 

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